À propos d'AYNEHA
D'où vient cette écriture, qui l'a conçue, où en est le projet, et comment échanger avec son créateur.
Un manque, et une réponse
Le songhay, dont le zarma et le dendi sont des variantes régionales, est parlé par plusieurs millions de personnes au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Bénin et dans leurs diasporas. Il s'écrit aujourd'hui avec l'alphabet latin, adapté selon les conventions fixées au Mali en 1993, ou en caractères arabes (ajami).
AYNEHA est un système d'écriture original conçu pour le songhay. Il propose une nouvelle solution graphique, distincte des conventions latines et des pratiques d'écriture en caractères arabes utilisées pour cette langue.
Un alphabet emprunté impose des compromis : plusieurs sons du songhay n'ont pas de lettre latine et demandent des combinaisons ou des conventions particulières. C'est ce constat, et l'envie d'offrir à la communauté songhay un outil d'écriture durable, qui ont conduit à créer AYNEHA : une écriture taillée pour les sons, la structure et la culture du songhay.
Un son, un caractère
AYNEHA a été conçu à partir du songhay de Gao. Son principe est d'attribuer un caractère à chaque son retenu dans son système d'écriture, plutôt qu'une combinaison de lettres venues d'un autre alphabet. Cette correspondance évite les hésitations d'orthographe. Le projet pourra documenter les variantes régionales et les adaptations nécessaires.
AYNEHA s'écrit et se lit entièrement de droite à gauche, les lettres comme les chiffres. Ce n'est pas qu'un choix esthétique : c'est une rupture assumée avec l'héritage visuel du latin, qui affirme l'autonomie graphique de la langue.
Quelle variété de songhay AYNEHA utilise-t-il ?
- Le nom de la langue : en songhay, il se prononce et s'écrit sɔŋɔy.
- Référence : le songhay parlé à Gao, le koyraboro senni.
- Les autres variétés : leurs locuteurs sont libres d'utiliser AYNEHA pour écrire leur propre parler.
- Les tons : ils ne sont pas notés à ce stade ; une notation pourra être ajoutée selon les besoins des utilisateurs.
- Travail à poursuivre : documenter les différences de prononciation et de vocabulaire entre les variétés, comme le zarma ou le dendi, et les adaptations qu'elles demandent.
Des formes essayées à la main
Avant toute police numérique, les caractères ont été écrits pendant des mois au crayon, au stylo à bille et au feutre, lentement puis vite. Des dizaines de formes ont été supprimées, modifiées ou remplacées jusqu'à obtenir des lettres faciles à tracer à la main, bien distinctes les unes des autres et agréables à l'écran. La police, le clavier et les applications sont venus ensuite, adaptés à ce qui fonctionnait déjà sur le papier.
Le créateur
AYNEHA a été conçu et créé par Mahamadou Issiaka MAIGA, dit MAIGUS, créateur de l'écriture AYNEHA, originaire de Gao, au Mali. Il en est le seul concepteur. Le système a été officiellement créé le 2 août 2026.
Il développe aussi les outils numériques du projet. Ils ont été pensés pour qu'on puisse apprendre et pratiquer l'AYNEHA seul, à son rythme, et ne demander de l'aide qu'en cas de besoin.
Reconnaissance
AYNEHA est présenté sur Omniglot, l'encyclopédie en ligne de référence sur les systèmes d'écriture. À long terme, l'objectif est l'encodage officiel de l'AYNEHA dans le standard Unicode, comme l'a obtenu l'écriture adlam pour le peul.
Logiciel libre
Le code des applications et de ce site est un logiciel libre, sous licence GNU GPL v3 ou ultérieure. La police Ayneha Pro est sous licence SIL Open Font License 1.1, les logos, images et textes sous licence CC BY-SA 4.0. Le nom AYNEHA et son logo restent réservés aux applications officielles : une version modifiée doit porter un autre nom.
Les applications AYNEHA sont développées par MAIGUS avec l'aide d'outils d'intelligence artificielle (Claude, d'Anthropic).